Prologue

Tout est calme au Terrier. Dehors, un terrible orage gronde. Il est tard, mais à la lueur de la chandelle, Mrs Weasley rédige une énième lettre à son dernier fils, Ron. Elle sait bien qu’il n’aime pas écrire, mais elle pensait que son épouse lui mettrait un peu de plomb dans la tête !
Mr Weasley lit tranquillement La Gazette du Sorcier, assis au coin du feu. Les années se sont abattues sur lui comme une grêle. Il a le visage gravé par la vieillesse et les soucis. Quelques cheveux roux font de la résistance, ils blanchiront ou tomberont tôt ou tard. Ce n’est qu’une question de temps.
Un horrible grondement de tonnerre résonne et Mrs Weasley sursaute. Son cœur vieilli est devenu fragile mais il tient relativement le coup. Elle est juste plus sensible et parfois tressaille au moins bruit inattendu. Soudain, elle se redresse. Parmi les hurlements du vent et de la pluie qui s’abat sur les vitres, elle parvint à distinguer des coups frappés précipitamment.
Les deux Weasley tendent l’oreille et se jettent un coup d’œil. Mrs Weasley fait un signe du menton à son mari. Loin d’elle l’envie d’ouvrir la porte. Qui pourrait venir les déranger à une heure pareille et surtout sous ce déluge ? Les coups se répètent plus distincts, plus pressants. Mr Weasley se lève lentement, sort sa baguette magique. Il avance prudemment vers la porte en boitillant légèrement. Les coups redoublent. Aussi vite qu’il le peut, Mr Weasley ouvre la porte, et, sans crier gare, un individu cagoulé s’engouffre dans la cuisine, portant un drôle de sac. Mr Weasley pointe sa baguette sur la cagoule de l’étranger.
« Qui… Qui êtes-vous ? » bredouille le vieil homme, prêt à jeter un sort pour faire fuir l’importun. Les individus cagoulés sont toujours de sinistre augure…
Une voix s’élève de sous le vêtement. Cette voix, Mr Weasley n’en est pas sûr, mais cette intonation, cette façon presque impérieuse de parler le ramène brusquement en arrière…
« Baisse ça, Papa.. » L’individu retire sa capuche. « C’est moi. »
Mr Weasley recule horrifié et laisse échapper une exclamation. Merlin ! Ce… ce visage ! Comment se peut-il ? Sa femme qui s’est précipitée dans la cuisine pousse un cri aigu. Elle porte les deux mains à son pauvre cœur.
« Maman… » fait l’intrus.
« Per… Percy ! »
Dégoulinant de pluie dans la cuisine du Terrier se tient le troisième fils des Weasley. Percy Weasley.
« Per… Percy ! » continue de crier Mrs Weasley. Elle tremble, veut toucher son fils.
« Maman… Arrête ! Tu vas le réveiller ! » coupe Percy. Il est toujours aussi impérieux.
« Lumos. » murmure t il. Il jette à terre un drap qui a fait penser à un sac à Mr Weasley. Celui-ci n’en croit pas ses yeux. Dans les bras de son fils dort un enfant. Mr Weasley se fige. « Merlin tout puissant… » Ses yeux vont de Percy au jeune garçon pas plus âgé de dix ans.

Mrs Weasley réagit la première. « Le pauvre petit.. » Elle le prend des bras de son fils, lui retire sa cape trempée. « Arthur… Arthur ! Ne reste pas planté comme ça ! » Ordornne-t-elle à son mari, toujours planté, le visage hébété. Son instinct maternel et son esprit pratique reprennent rapidement le pas sur sa surprise. Elle a toujours été comme ça. Ses enfants le lui ont toujours un peu reproché. Enfin, plus par taquinerie que par méchanceté. Sauf Percy, lui n’a jamais supporté cela, préférant se sentir indépendant.
Elle reprend de plus belle, désignant son fils.
« Tu ne vois pas que Percy est frigorifié ! Viens mon chéri, retire ça et va t’asseoir dans le fauteuil près de la cheminée.
— Oui, mais… » Percy jette un regard à l’enfant. Il ne semble pas vouloir s’en séparer.
« Ne t’inquiète pas. Je vais coucher ce petit ange… » Elle sourit à l’endormi.

Rassuré, Percy se dirige vers le salon, laissant une mare d’eau sur le sol. Son père le suit, se posant mille questions. Il s’assied à l’opposé de son fils et le dévisage sans un mot. D’où vient Percy ? Qu’est il devenu durant ces douze longues années qu’il ne l’avait pas revu ? Et puis… Que venait-il faire ici après tout ce temps ? Et l’enfant… Cet enfant, autant qu’il a pu voir, est le portrait craché de son fils.
Les pas précipités de Mrs Weasley retentissent dans les escaliers. Des larmes parcourent son visage ridé. « Oh, Percy ! » Celui-ci se lève et sa mère se jette sur lui, secouée de sanglots.
« Oh, Percy ! Mon tout petit !
_Maman…Ca va… » dit il enfin, tapotant le dos de sa mère. Mais des larmes perlent à ses yeux.
« Molly… Molly, lâche-le… Tu vois bien qu’il est fatigué… » coupe son mari, pourtant impatient d’interroger ce fils qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Ce fils envers lequel il a souvent eu de la rancœur. Et malgré tout, alors qu’il le voit face à lui après tout ce temps, c’est la curiosité qui l’emporte.

Percy se rassied. Mrs Weasley cherche à calmer ses sanglots, elle s’écroule dans le plus proche fauteuil. Elle n’a jamais vraiment réussi à en vouloir à son fils malgré toutes ces années durant lesquelles ils n’ont jamais eu de contact. Toutes ces années de souffrance et d’épreuves. C’est sa faiblesse de mère, sa bonté naturelle.
« Percy… Pourquoi n’es-tu jamais revenu à la maison ? » hoquette Mrs Weasley. « Qu’as-tu fait pendant douze ans ? Dis-le moi, dis-le moi, Percy ! » Elle se pose les mêmes questions que son mari. Après tout, c’est bien normal.

Percy ferme les yeux, il est toujours frigorifié mais la douce chaleur du Terrier l’envahit peu à peu, lui redonne du courage. Sous les yeux attentifs de ses parents, il ouvre la bouche. Même si ça n’allait pas être une partie de plaisir, il préfère tout expliquer à cet instant dans la quiétude de son ancien foyer retrouvé, plutôt que de devoir raviver plus tard la douleur des souvenirs qui l’assaillent. « C’est une très longue histoire… »

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